Le journal Les Echos publie un dossier intitulé "La France qui se réinvente - 50 initiatives qui mettent le pays en mouvement... "
Voici un extrait qui a particulièrement retenu mon attention."Modeste producteur de sucre à la Réunion en 1979, devenu dans les années 1990 un conglomérat présent dans le maritime et la grande distribution, avant de se recentrer à partir de 2001 sur la marine de services... Bourbon, l'actuel leader mondial des services maritimes aux compagnies pétrolières opérant dans l'offshore profond, n'en finit pas de réinventer son modèle. Est-ce dû au fait qu'avant de prendre en 1979 - à vingt-huit ans - les rênes de ce groupe familial, Jacques de Chateauvieux était passé par le Boston Consulting Group (BCG) ?
Après une décennie consacrée à la sucrerie réunionnaise, Jacques de Chateauvieux se remet en question en 1989. « L'année avait été très mauvaise à cause d'un cyclone qui avait ravagé les champs de canne à sucre, se souvient-il. J'ai cherché à diversifier le groupe. » A la Réunion, il se lance dans la grande distribution. En dehors de l'île, il acquiert, un peu par hasard, l'entreprise maritime marseillaise Chambon.
En 1998, ce qui est devenu un conglomérat, réalisant 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires dans trois métiers, entre en Bourse. Pendant deux ans, les investisseurs boudent l'entreprise. Avec Jean Estin - un ancien du BCG -, Jacques de Chateauvieux entreprend alors une réflexion. Il en résulte la cession de la branche sucre et la décision d'adosser le pôle distribution à un industriel. Ce sera Casino.
Plan bouclé avec un an d'avance
Ainsi devenu, dès 2001, un potentiel « pure player » des services maritimes, Bourbon mise alors à fond sur l'offshore profond. Encouragé par des succès commerciaux remportés auprès du français Elf, puis de l'américain Exxon, le groupe lance un ambitieux plan 2003-2007 de 1,2 milliard d'euros d'investissements. Bouclé avec un an d'avance, ce plan a, depuis, été reconduit jusqu'en 2010, avec à la clef la réception d'un bateau neuf tous les... douze jours.
Le plus remarquable, dans l'histoire de cette mutation, c'est que Bourbon n'a jamais lésiné sur les investissements dans les métiers dont il avait pourtant décidé la cession. Pour Jacques de Chateauvieux, toute activité, stratégique ou à vendre, doit bénéficier de ce qui lui est nécessaire pour assurer sa croissance. Une attitude qu'il résume ainsi : « Ce n'est pas parce qu'on va bientôt marier sa fille que l'on va cesser de lui payer le dentiste ! »
Degré d'originalité 2/5 Possibilité de diffusion 3/5
Savoir se renouveler, c'est aussi oser abandonner d'anciennes recettes gagnantes ; élargir son périmétre passe parfois par l'abandon de territoires trop éprouvés."
Après une décennie consacrée à la sucrerie réunionnaise, Jacques de Chateauvieux se remet en question en 1989. « L'année avait été très mauvaise à cause d'un cyclone qui avait ravagé les champs de canne à sucre, se souvient-il. J'ai cherché à diversifier le groupe. » A la Réunion, il se lance dans la grande distribution. En dehors de l'île, il acquiert, un peu par hasard, l'entreprise maritime marseillaise Chambon.
En 1998, ce qui est devenu un conglomérat, réalisant 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires dans trois métiers, entre en Bourse. Pendant deux ans, les investisseurs boudent l'entreprise. Avec Jean Estin - un ancien du BCG -, Jacques de Chateauvieux entreprend alors une réflexion. Il en résulte la cession de la branche sucre et la décision d'adosser le pôle distribution à un industriel. Ce sera Casino.
Plan bouclé avec un an d'avance
Ainsi devenu, dès 2001, un potentiel « pure player » des services maritimes, Bourbon mise alors à fond sur l'offshore profond. Encouragé par des succès commerciaux remportés auprès du français Elf, puis de l'américain Exxon, le groupe lance un ambitieux plan 2003-2007 de 1,2 milliard d'euros d'investissements. Bouclé avec un an d'avance, ce plan a, depuis, été reconduit jusqu'en 2010, avec à la clef la réception d'un bateau neuf tous les... douze jours.
Le plus remarquable, dans l'histoire de cette mutation, c'est que Bourbon n'a jamais lésiné sur les investissements dans les métiers dont il avait pourtant décidé la cession. Pour Jacques de Chateauvieux, toute activité, stratégique ou à vendre, doit bénéficier de ce qui lui est nécessaire pour assurer sa croissance. Une attitude qu'il résume ainsi : « Ce n'est pas parce qu'on va bientôt marier sa fille que l'on va cesser de lui payer le dentiste ! »
CLAUDE BARJONET
Degré d'originalité 2/5 Possibilité de diffusion 3/5
Savoir se renouveler, c'est aussi oser abandonner d'anciennes recettes gagnantes ; élargir son périmétre passe parfois par l'abandon de territoires trop éprouvés."








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