Quoi de plus réconfortant qu'une part de tarte aux myrtilles par un jeudi matin pluvieux et gris?On attendait ce film de 王家衛 depuis sa projection en ouverture du festival de Cannes l'été dernier.
Définitivement classé dans la catégorie "film de filles" pour moi, ce premier essai du réalisateur hong-kongais au pays de l'oncle Sam et dans la langue de Shakespeare est un régal pour les yeux (on se demande si Jude Law y est pour quelque chose). Norah Jones dans ses premiers pas sur grand écran est charmante, et je trouve certaines critiques plutôt salées à son égard.
Le film pourrait paraître simple, voire simpliste, mais n'est-ce pas les choses les plus simples qui sont les plus agréables? Comme un internaute le disait "le film n’est pas un drame, mais plutôt un mélodrame aux sentiments positifs." Une histoire sans grande surprise, certes, mais dans laquelle toute femme se reconnaîtrait sans doute : se sevrer d'une addiction par une autre, et finalement se rendre compte que ce que l'on cherchait est en soi. Là encore, après In the mood for love et 2046, le temps est un personnage à part entière, tout comme la musique. Le temps permet à cette jeune new-yorkaise de murir et l'aide à prendre ses distances par rapport à elle même. Ah le temps !
Catalogué, à tort ou à raison, comme un road-movie, My blueberry nights n'en possède pas, selon moi, le visage, encore moins la saveur. Il s'agit davantage d'un voyage au cours duquel l'héroïne se cherche elle-même parce qu'elle s'ignore encore, ou plutôt, parce qu'elle s'est perdue. Les lettres qu'elle envoie sont comme un exutoire pour elle, un peu comme les petits cailloux semés par le Petit Poucet, une manière pour elle de faire le point sur ce qu'elle est, à mesure que le temps passe et que la distance grandit par rapport à New-York qu'elle a quittée. On sait qu'elle y reviendra, mais au bout de combien de temps? Il est sans doute nécessaire de reprendre une part de tarte pour ne rater aucun détail sur ces chiffres égrainant le temps qui l'éloigne un peu plus d'elle-même, à savoir celle qui a quitté New-York.
Et lorsque la boucle est bouclée, lorsqu'elle retrouve sa part de tarte nocturne (l'expression est assez marrante de la part de la gourmande que je suis, non?), on sait, elle la première, que c'est une autre femme qui franchit le seuil de ce snack-bar tenu par un Jude Law toujours fidèle au rendez-vous.
Les vies qu'elle croise sur sa route - un policier alcoolique et sa femme adultère, une joueuse effrénée de poker - même si elles paraissent singulièrement différentes, se rejoignent au final sur le thème de la solitude.
En somme, une vision hong kongaise des Etats-Unis, une tarte colorée et joliment sonorisée, du baume au coeur pour les coeurs brisés, une réflexion sur soi et sur la rupture, sur soi et le reflet de soi-même : l'autre. A déguster avec un thé, ou en charmante compagnie (féminine, cela va de soi). Si toute dégustation de tarte à la myrtille pouvait être aussi succulente et réparatrice, je n'hésiterais pas un instant à m'y convertir et à mettre au placard mes pots de 500 mL.
L'avis du Figaro
Celui du journal Le Monde : ici et ici
Les Echos donnent leur avis également.








En résumée, un film à aller voir dimanche soir, en tenue cocooning, avec popcorn et chocolat (ben oui, je suis pas très tarte aux myrtilles, surtout au cinoche !!! donc éventuellement lorsqu'il sortira en dvd) ? ça peut me plaire :)
RépondreSupprimerpop corn et chocolat, c'est très bien aussi ! :D y'a pas de mal à se faire du bien :P
RépondreSupprimerOh mais ça tombe bien, il fait partie des films que je veux aller voir ! Bon, ok je suis allée voir le nouveau Disney en premier mais tu comprends, c'est Disney quoi ;)
RépondreSupprimerbabillages.net > Manquer le Disney de fin d'année, c'est manquer Paris sans ses décorations de Noël.
RépondreSupprimerTres bonne critique du film...
RépondreSupprimerJe me demande toujours commen t'arrive a voir les sens cachés des choses...
en tout cas, personnellement j'ai adoré :)
J'ignore si c'est le sens caché ou pas, mais c'est mon ressenti une fois le film vu, tout simplement.
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