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lundi 26 mai 2008

[Doc] Histoire du japon racontée par une hotesse de bar

Un documentaire-fiction par un cinéaste japonais que je ne connais pas. Mon ignorance en matière de cinéma japonais est aussi grande que celle en chirurgie néonatale. Je suis vraiment une brêle, mais je me soigne, et voilà que j'apprends que Shoei Imamura a été primé de la palme d'or à Cannes durant sa carrière.
Bref, la curiosité étant ce qu'elle est, je me suis décidée "à l'arrache" à aller le voir et je n'ai pas été déçue, malgré une longueur qui se fait sentir à la fin.

La séance a été ponctuée par l'intervention de Jean-Louis Comolli qui nous a donné des pistes de décryptage du film. Je les ai trouvées trop psychanalytiques parfois, de quoi donner des maux de tête à certains.

Le synopsis

Nous sommes dans le Japon d'après-guerre, soumis par "l'invasion" américaine et Shohei Imamura nous livre ici un véritable chef-d'oeuvre de catharsis et d'analyse du rapport spectateur/héros en soumettant à nos yeux d'occidentaux des images en parfait décalage, voire contradiction avec les paroles et le son.

En filmant l'héroïne par tous les plans possibles et imaginables, il a essayé de la saisir, de la comprendre, mais malgré cette multiplication et démultiplication des plans, ce personnage reste insaisissable, jusqu'à la fin, on a du mal à établir une relation avec elle : on n'éprouve ni sympathie ni antipathie pour elle, on reste quelque peu dubitatif. Du moins, c'est l'impression que la plupart de la salle a ressentie apparemment.

En ce qui me concerne, j 'ai trouvé cette héroïne vraie, pas dans le sens sincère du terme, car on se doute qu'elle jouait un peu la comédie ou déguisait/masquait/exagérait ses propos par moments, mais vraie dans le sens où elle assume totalement ce qu'elle dit et fait, un peu comme celle que je voudrais être.

- L'avis de Karine sur le film.

- Le pitch sur centrepompidou.fr :

Quelle vérité scandaleuse, quelle force subversive, quel trouble ne naissent-ils pas de la parole filmée à condition qu'elle soit, comme ici, écoutée avec patience et constance, qu'elle soit prise et reprise avec obstination. Mais aussi : comment l'histoire avec un grand H passe-t-elle par l'intime des corps ? Comment la violence politique, l'exhibition des amours et le trafic des familles peuvent-ils se montrer à ce point entrelacés ? L'Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar réussit cette performance rare dans l'histoire du cinéma de conjuguer la vie triomphante d'une femme dans tous ses états de corps et d'esprit, et l'histoire d'un pays vaincu, dépendant, soumis. Filmée, cette femme quelconque devient personnage extraordinaire ; sa parole se déploie sans gêne sur une scène débarrassée de tout impératif moral ; ce qu'elle raconte, sans hors champ et sans hypocrisie, prend le ton d'un cynisme tranquille et souriant ; les intérêts égoïstes du sujet ne sont plus masqués, on ne triche plus, et le cinéma, bon gré mal gré, enregistre cet affaiblissement de tout surmoi comme la chose la plus naturelle du monde. Nous sommes aux antipodes des programmes de télévision actuels qui étalent comme un sale secret le détail d'une « vie privée », avec le projet de nous faire jouir du dépeçage spectaculaire des vices cachés. Rien de tel ici. Le cinéma d'Imamura ne nous laisse aucune chance de voyeurisme ; le corps et la parole de l'hôtesse de bar transpercent les plus improbables turpitudes ; tout se tient et se déroule dans le monde de l'élémentaire, la pulsion, la répétition, la structure. La dimension documentaire est ici la garantie que le corps filmé n'est en effet pas celui d'une autre.

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1 commentaire:

  1. Que-ouah !!! Que lis-je ? Tu ne connaît pas Shohei Imamura, avec son chef-d'œuvre "La Ballade de Narayama" ?
    (La femme insecte a l'air bien aussi mais pas encore pu le voir, j'ai vu celui de Kim Ki-young).

    Aahhh, va falloir remédier à ça, je te conseille très vivement de voir au moins "La Ballade de Narayama", mais attention ce n'est pas du tout une comédie.

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