53 thèmes sont lancés pour 2015 et chaque semaine (du dimanche au dimanche) vous vous l'appropriez et en faites un billet sur votre blog avec la technique qui vous convient (texte, poème, photo, dessin....) Chaque dimanche les participations seront récapitulées sur www.agoaye.com. Cette année, on échange au sein d'un petit réseau sympatoche plein d'enthousiasme et de convivialité.
Ceci est très amusant :
Ceci est très amusant :
J'ai mis du temps à trouver ce qui pouvait faire rire - ou au moins sourire - après cette semaine éprouvante. Chacun a vécu cette semaine à sa manière : tristesse, recueillement, colère, horreur, peur, angoisse, pudeur, ironie, toutes les émotions sont possibles.
Voici donc : Le Letchi amer, un Youtubeur (à l'origine, blogueur) réunionnais qui à travers ses vidéos fait découvrir La Réunion. Ses vidéos me redonnent le sourire quand mon moral est dans les chaussettes.
J'ai particulièrement choisi cette vidéo parce que je ne pouvais pas ne pas partager cette deuxième moitié de semaine ici.
Freedom. La liberté.
Comme des millions d'autres, je suis allée à place de la République cet après-midi.
La décision d'y aller n'était pas évidente. Jeudi soir, avec chéri, notre décision est prise, sans en avoir longuement discuté. Dimanche, c'est encore loin, me dis-je. On verra d'ici là.
Vendredi après-midi, un status update de Sabine sur Facebook me tient en alerte, j'espère qu'elle n'a rien, elle n'est pas piégée dans le métro, c'est déjà ça.
Le soir, malgré la suite des événements, comme chaque semaine, je vais me changer les idées en allant jouer au mah-jong. La vie continue (La mienne ne s'est pas arrêtée tout du moins).
La journée de samedi m'a paru si longue : j'ai cogité, seule chez moi. Fais-je le bon choix? N'est-ce pas plus prudent de ne pas y aller? Peu avant 16h, un sms d'une connaissance - qui se veut bienveillante - me prévient d'éviter les centres commerciaux, les cinés etc. ce week-end, le beau-père d'une de ses amies travaille au quai d'Orsay, ils ont des infos qu'on n'a pas - nous, pôpulasse, pauvres de nous, me dis-je - blablabla...
Je cogite encore plus. Je sens la peur monter dans ma chaire, affaiblissant un peu plus mon esprit. Je décide de supprimer ce sms au bout d'une dizaine de minutes à peine : ma décision est prise. Malgré mon éloignement des médias depuis mercredi soir - tout support confondu - je suis en colère que tout cela me perturbe autant, me rende si peureuse, terrifiée, pétrifiée. J'essaie de garder lucidité et rationalité : que faire pour ne pas que cette peur m'envahisse, me consume, me rende folle? Mon corps me le fait sentir, il faut que ça cesse!
Coup de fil de chéri qui me conforte dans ma décision.
Alors oui, ce dimanche, j'ai marché pour la liberté, ma liberté, pour l'affirmer, plus que jamais, pour me la réaffirmer à moi même, pour ne pas que la terreur gagne sur moi, sur mon esprit. Une autre solution que celle-là aurait-elle eu les mêmes effets? Je l'ignore. Tout le monde l'ignore.
Ce dimanche, je n'ai pas marché pour mes enfants, je n'en ai pas. Je n'ai pas marché pour ma famille, elle ignorait totalement mon intention.
J'ai marché pour moi, pour me dire : j'y étais, je l'ai fait, malgré ma peur, les risques, malgré ce que pensent les autres, mon entourage, aussi bienveillant soit-il.
J'ai marché pour que mon corps ressente le froid, la fatigue dans le dos, les pieds, pour que mon corps imprime en lui-même ce refus de se laisser submerger par la terreur et la résignation.
J'ai marché pour moi, pour me dire : j'y étais, je l'ai fait, malgré ma peur, les risques, malgré ce que pensent les autres, mon entourage, aussi bienveillant soit-il.
J'ai marché pour que mon corps ressente le froid, la fatigue dans le dos, les pieds, pour que mon corps imprime en lui-même ce refus de se laisser submerger par la terreur et la résignation.
Le fait de savoir que d'autres personnes aussi le feront m'aide, d'une certaine manière. Récupération politique? Outil de propagande et que sais-je d'autre? Oui, cette marche, j'en ai conscience, c'est plein d'autres choses à la fois qu'une simple marche pour la liberté. Moutons? Que ceux qui pensent cela le pensent, je ne peux rien y changer.
Je ne suis pas un mouton, je ne suis pas Charlie, je suis juste une réunionnaise à Paris.
Pour les plus curieux qui souhaitent écouter Freedom.









c'est clair, c'est net, c'est tranché : marcher pour se prouver que l'on existe toujours, que l'on fait face toujours, que l'on refuse de céder à cette peur insidieuse, toujours.
RépondreSupprimerMarcher pour soi, se prouver que l'on est capable, que l'on est vivant, que l'on est entier? non, que l'on EST tout simplement.
Je voudrais te dire que j'ai pris du plaisir à te lire. ce qui est vrai, mais on s'en tape car aujourd’hui le message est au-delà de cette forme si plaisante que tu utilises à merveille.
Aujourd'hui, ton émotion, ta colère puis ta révolte supplantent le reste.
Merci pour le témoignage d'une réunionnaise à Paris.
Je ne parlerai que de la vidéo, mais je t'ai lue.
RépondreSupprimerAlors je ne connaissais pas du tout, et puis j'ai pas tout compris, mais c'est une découverte sympa :)
Radio freedom radio la dit la fé au moins une radio où la liberté d'expression est présente!!! Aurélie de Maman & Co
RépondreSupprimermamanandcompany : Oh! Tu connais donc Radio Freedom?! :D
RépondreSupprimer"Peu avant 16h, un sms d'une connaissance - qui se veut bienveillante - me prévient d'éviter les centres commerciaux, les cinés etc. ce week-end, le beau-père d'une de ses amies travaille au quai d'Orsay, ils ont des infos qu'on n'a pas"
RépondreSupprimerEuh… Une amie a reçu exactement le même SMS… Bizarre.