Ce billet aurait pu se titrer : pourquoi je ne suivrai pas les commémorations de ce dimanche? J'ai préféré faire court.
Le besoin de m'épancher ici est devenu primordial alors que j'ai disparu de la blogosphère depuis un an, particulièrement en cette fin de semaine en solitaire.
Bien sûr, il y a les collègues, bien sûr je penserai très fort à elles demain. J'ignore encore si je réussirai à me couper pleinement du boulot, la coupure est de si courte durée. J'ignore également comment j'occuperai ma journée, une chose est sûre, je ne resterai pas devant la télé. Non pas parce que je n'ai aucun devoir de mémoire ou aucune compassion/empathie. Je n'en ai que trop justement. Non pas parce que je souhaite faire comme s'il ne s'était rien passé depuis maintenant un an. Ce qui s'est passé, chaque matin me le rappelle, lorsqu'un énième colis suspect nous contraint de changer d'itinéraire ou nous met en retard. Chaque matin me le rappelle lorsque comme tout le monde, je dois présenter mes sacs ouverts aux agents de sécurité, lorsque je vois les gendarmes cynophiles ou militaires patrouiller. Alors non, je ne les ai pas oubliées ces victimes inconnues et leurs proches.
Comment le pourrais-je?
Comment pourrais-je oublier cette jeune femme en larmes, le smartphone à la main, morte d'inquiétude, c'était ce vendredi 13 là, sur le chemin du retour dans le métro?
Comment pourrais-je oublier cet assaut et ses détonations en direct, à la fois sur la chaîne d'infos en continues, et juste là, à dix minutes à pieds de chez moi?
Comment pourrais-je oublier ce samedi irréaliste au boulot?
Chaque jour que je vis, je n'oublie pas. Alors demain, je vivrai ce jour sans oublier et ce n'est pas une émission qui me le rappellera.








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