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samedi 12 janvier 2008

[News] Les punchs Chatel fêtent leurs cent ans d'art de vivre à la créole

Les punchs Chatel fêtent leurs cent ans d'art de vivre à la créole - [ 11/01/08 ]

La distillerie Chatel vient de fêter ses cent ans à la Réunion. L'entreprise familiale vise un nouveau développement en s'implantant près de l'aéroport de Saint-Denis.

DE NOTRE CORRESPONDANT À LA RÉUNION.

En 1907, une distillerie démarrait ses activités, en plein centre-ville de Saint-Denis de la Réunion. Pharmacien, Jean Chatel était persuadé que le rhum local, associé aux fruits et aux plantes de la flore insulaire, pouvait se substituer aux liqueurs alors importées de métropole. Pari gagné. Certains de ses produits, comme le Goyavlet - version tropicale du guignolet -, fabriqué à partir du goyavier, ont traversé le siècle ! Ses punchs, déclinés en une quinzaine de parfums, sont sur toutes les tables. « Notre marque fait partie du patrimoine culturel réunionnais et nous veillons à ce que nos produits correspondent à l'art de vivre créole », clame Alain Chatel, à la tête de l'entreprise fondée par son grand-père.

En 2008, la distillerie Chatel s'installera dans ses nouveaux locaux, sur 1 hectare, près de l'aéroport international Roland-Garros. Objectif avoué : se rapprocher des touristes, qui achètent environ 10 % de sa production annuelle (1,2 million de litres). Mais aussi échapper à la pression de l'urbanisation, dans le quartier du Chaudron, où elle s'était implantée en 1976.

Chatel ne fabrique plus de rhum depuis un demi-siècle mais a conservé l'appellation « distillerie », comme son antériorité le lui permet. Elle achète son alcool à Savanna, une des trois distilleries en activité sur l'île, ses fruits et sa vanille à des producteurs triés sur le volet. Avec 43 salariés, pour un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros, l'entreprise progresse à pas comptés sur un marché rendu très concurrentiel par les marques bas de gamme de la grande distribution. Adepte de l'utilisation exclusive de fruits naturels, Alain Chatel est aussi en quête permanente de nouvelles recettes, de nouvelles présentations. Lancé il y a un an, son « bag in box » de 3 litres de punch à 16 degrés connaît un grand succès et fait oublier le trou d'air de 2006, quand les touristes ont déserté la Réunion après l'épidémie de chikungunya. Ayant adapté ses punchs aux goûts nippons, il exporte au Japon depuis 1987. D'autres marchés à l'export ont en revanche disparu, en raison de l'appréciation de l'euro. Bon an, mal an, de 2 % à 5 % des produits Chatel sont vendus à l'extérieur de l'île. En 1996, le liquoriste s'est également associé à la distillerie mauricienne Médine pour créer une filiale commune. United Spirits Producers écoule aujourd'hui 400.000 litres par an dans l'île soeur, sous la marque réunionnaise.

L'avenir, Alain Chatel, cinquante-huit ans, ne le conçoit pas en dehors du respect de la tradition familiale. « Je ne vendrais pas mon âme au diable, dit-il. Mais je n'exclus pas de me marier avec des gens qui partagent mon état d'esprit pour attaquer de nouveaux marchés. »

BERNARD GROLLIER

Un article qui paraît sur Lesechos.fr, et l'occasion pour moi de parler davantage de notre apéritif réunionnais. En général on grignote des samoussas et bonbons piments, tout cela servi avec un punch maison ou un punch industriel, dont Chatel est une des marques.

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